« Changement climatique, quel impact sur le secteur agroalimentaire ? » L’analyse de Franck Baraer (Météo France)

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29 sept. 2020 à 10:14

Responsable des services climatiques à Météo France Rennes, Franck Baraer donnera une conférence lors du prochain CFIA Rennes : « Changement climatique et agriculture : du constat aux solutions ». Avant de le le retrouver le mardi 29 septembre à 10h30, il a accepté de répondre à nos questions concernant l’évolution des températures et ses conséquences sur le secteur agricole et agroalimentaire.

Que peut-on dire sur l’évolution de la température annuelle moyenne en France ?

Depuis une trentaine d’années la température annuelle moyenne monte régulièrement dans nos régions, nous avons gagné 1°. Cela semble peu mais c’est considérable, cela sous-entend que nous allons avoir de plus en plus des hivers doux, des printemps chauds, des étés parfois caniculaires… A l’échelle du globe, les températures s’élèvent aussi graduellement tout au long de l’année, et ceci depuis quelques décennies.

Ce qui a une incidence forcément sur le secteur agricole, agroalimentaire…

Effectivement cette hausse de température génère pas mal d’impacts, même s’ils ne sont pas faciles à mesurer encore exactement aujourd’hui. Sur le plan agricole déjà, avec des saisons de plus en plus chaudes, moins de gel en hiver, on assiste à une végétation plus précoce. Cela peut avoir des effets néfastes comme les gelées du printemps 2019 très impactantes sur les arbres fruitiers.

Comment lutter efficacement contre ce réchauffement, faut-il repenser nos modèles industriels et agricoles ?

Le responsable du réchauffement climatique, c’est le dioxyde de carbone (CO2) issu notamment du développement industriel et du trafic automobile, avec des quantités de plus en plus importantes dans le monde entier depuis quelques décennies… Il y a un autre grand coupable, le méthane émis principalement par les bovidés. Avec la multiplication des cheptels un peu partout dans le monde, l’impact ne doit pas être négligé. Il y a aussi le méthane d’origine naturel issu du permafrost (en Arctique) qui fond de façon importante ces dernières années (le processus de fermentation des matières organiques et végétales enfermées dans ce permafrost dégage du méthane, ce qui augmente l’effet de serre).

Si nous réduisons drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, nous pourrons aller vers un climat de +2° d’ici 2050… Cependant si l’on continue sur la même tendance que ces dernières années avec un développement exponentiel, nous atteindrons +4°. Il s’agirait alors d’un véritable bouleversement climatique, avec des conséquences multiples et certains effets que l’on ne peut encore mesurer à l’heure actuelle. Pour lutter contre le réchauffement climatique qui concerne le monde entier, si le changement doit être global, l’adaptation doit être locale. De nombreuses entreprises engagent des politiques de réduction d’énergie et d’approvisionnement local. A tous les niveaux, elles prennent des initiatives qui ont chacune leur importance. Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières ! Il est nécessaire de miser sur une réduction drastique de CO2 dès maintenant, réfléchir à des stratégies d’adaptation et d’atténuation, sachant que moins nous attendrons, plus ce sera bénéfique à moyen et long terme…

 

Pour découvrir le programme complet des conférences du prochain CFIA Rennes (29, 30 eptembre et 1er octobre), suivez ce lien

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